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Le blog de TITIUDON

Une histoire de fou on croit rever....


"Devinez ce que va faire la Première ministre Yingluck Shinawatra aujourd'hui...", jouait aux devinettes un éditorial du Bangkok Post quelques heures plus tôt, se demandant, comme toute la presse, si elle s'y rendrait en personne ou se ferait représenter.
Ayant attendu le dernier jour légal, la Première ministre est entrée, sans faire de commentaires, dans le bâtiment de la commission lundi après-midi, au côté de son équipe d'avocats. Après avoir remis plusieurs cartons de documents, elle en est ressortie une dizaine de minutes plus tard, en fauteuil roulant, handicapée par une blessure au pied. "Elle a demandé à ce que soient interrogés dix témoins supplémentaires et que soit donné plus de temps à ses avocats" pour compléter son dossier de défense, a expliqué un membre de la commission, Pakdee Pothisiri.

Elle est accusée de négligence dans le cadre d'un programme de subvention aux riziculteurs, une accusation que ses partisans estiment destinée à la faire tomber.

La semaine dernière, sur sa page Facebook, la Première ministre, qui clame son innocence, avait dénoncé le fait que la commission anti-corruption ne lui avait pas laissé assez de temps pour examiner tous les éléments du dossier. Elle y a vu le signe du manque d'"impartialité" de la commission à son égard, reprenant les accusations distillées par son camp.
Les membres de la commission, comme les hauts-responsables de l'appareil judiciaire, sont en effet soupçonnés d'être partie prenante d'un "coup d'Etat judiciaire" destiné à contraindre Yingluck au départ.

Possible catalyseur de la crise
La Commission anti-corruption estime quant à elle que Yingluck a ignoré les mises en garde contre la corruption qu'aurait engendré le programme controversé d'aide aux riziculteurs. Elle l'a donc convoquée pour lui faire part officiellement d'accusations de négligence.
Ce programme controversé de subventions a conduit le gouvernement à acheter le riz aux paysans jusqu'à 50% au-dessus du prix du marché. Ses détracteurs accusent cette politique d'avoir entraîné une corruption massive, porté un coup aux finances publiques et créé une montagne d'invendus.

Si Yingluck était reconnue coupable, le dossier pourrait être transmis à la justice et en même temps transféré au Sénat, qui pourrait l'interdire de vie politique pour cinq ans.
Des élections sénatoriales ont d'ailleurs eu lieu dimanche, sans que le scrutin soit perturbé, contrairement aux législatives du 2 février, finalement invalidées par la justice, au grand dam du parti au pouvoir, le Puea Thai, y voyant une première étape du coup d'Etat judiciaire.
Les deux camps qui se disputent la domination de la scène politique attendent donc la décision de la Commission anti-corruption comme un possible catalyseur de la crise.

Importante manif "rouge" attendue samedi
Les opposants à la Première ministre ont encore fait une démonstration de force samedi, avec des dizaines de milliers de manifestants à Bangkok. Les "chemises rouges" pro-gouvernement promettent de manifester en masse samedi prochain pour défendre la Première ministre contre un coup d'Etat judiciaire en préparation, moyen trouvé par le Parti démocrate pour arriver au pouvoir en 2008.
Les meneurs des "chemises rouges" se sont abstenus de faire descendre leurs militants dans les rues de Bangkok depuis le début de la crise il y a cinq mois, par crainte d'affrontements.
Mais, ils jouent désormais leur va-tout après des mois d'appel à la retenue. Ils annoncent des centaines de milliers de manifestants samedi à Bangkok, pour défendre la Première ministre, faisant craindre de possibles violences. "Nous devons préparer les gens à répondre rapidement à n'importe quelle situation", a réagi lundi Thida Thavornseth, meneuse des "chemises rouges".
La Thaïlande, profondément divisée entre pro et anti-Thaksin, est en effet engluée dans une crise politique récurrente depuis le coup d'Etat de 2006 contre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck. Celui-ci continue à diriger via ses proches placés à sa place, dénonce l'opposition.
Alors que les partis pro-Thaksin ont gagné toutes les législatives depuis plus de dix ans, les protestataires accusent la famille Shinawatra de corruption et d'utiliser l'argent public pour s'assurer le soutien des campagnes du nord et du nord-est, coeur de son électorat. Les violences engendrées par cette crise, attaques à la grenade ou fusillades visant principalement les manifestants, ont fait 23 morts.
Avec AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi 1er avril 2014

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