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Le blog de TITIUDON

   

Il ne faut pas rire du malheur des autres. J’ai appris cela quand j’étais petit…

Bangkok est sous les eaux  depuis un bon moment et la situation ne s’arrange pas.

 Les élites approuvaient la décision de noyer une grande partie du pays pour sauver la capitale. Le tout sans aucun scrupule ni compassion pour les populations sacrifiées. Le calcul s’est avéré faux et la ville est inondée quand même...Les inondations sont ciblées et encore une fois les quartiers les plus pauvres ont été privilégiés pour sauver le centre  soit disant vital de la ville.

Pour les élites de Bangkok, le reste du pays n’est qu’un ramassis de ploucs planteur de riz. En ce moment en Isan les gens sont au sec et n’ont pas de problèmes particuliers. Ils se marrent dans leur moustache en voyant la situation de la capitale.

 Les magasins locaux ont été dévalisés par les habitants de Bangkok  venus pendant les 5 jours chômés donnés par le gouvernement. La brousse a ravitaillé la capitale…

La guerre qui oppose le gouvernement au gouverneur de Bangkok n’arrange pas la situation. Pas fichus de mettre leurs egos de côté pour se mettre au travail ensemble et tenter de trouver les bonnes solutions à appliquer.

J’espère bien sûr que le retour à la normale sera rapide et que les plaies seront pansées. Les dégâts sont énormes et le coût financier sera élevé. Le plus grave est le gouffre qui s’est encore creusé entre les politiques et le peuple qui en a assez de leur inefficacité chronique…

C’est une petite revanche de la Thaïlande profonde et méprisée sur la capitale élitiste et arrogante…

La populace est sous l’eau et alors ?

Sélection d’articles de presse sur la politique, l’économie, la société et les faits divers en Thaïlande (sources AFP, Reuters, presse thaïe, etc.)


Les inondations qui affectent le pays depuis trois mois ont jeté une lumière crue sur l'insurmontable clivage entre les privilégiés de la capitale et les pauvres des campagnes, écrit, un brin cinglant, le politologue Pavin Chachavalpongpun. Les tensions entre le gouverneur de la ville et le gouvernement n'arrangent rien.
"Ses chaussettes sont trempées. Au cours de ces terribles inondations, il a sillonné tout Bangkok. Vous ne trouverez pas plus dévoué. J’oublie constamment qu'il est le fils de Son Altesse royale le prince Paribatra Sukhumbhand et le petit-fils de sa Majesté le roi Chulalongkorn, l’un des plus grands monarques que la Thaïlande ait connus." Voilà comment, avec fierté, l’une de ses secrétaires décrit Sukhumbhand Paribatra, gouverneur de Bangkok, sur Facebook. Les habitants de Bangkok ont donc "leur" membre de la famille royale prêt à défendre leur capitale bien-aimée. Sukhumbhand, qui appartient lui-même à l’élite, tient à servir, avec enthousiasme, les intérêts de ses sympathisants bangkokois, qui se voient eux aussi comme formant la classe intellectuelle supérieure. Si son grand-père fut le prince de Nakhon Sawan [dans le centre du royaume], Sukhumbhand est désormais le "prince de Bangkok".

Ces crues dévastatrices lui ont donné l’occasion d’asseoir son autorité en tant que gouverneur de Bangkok et jusqu’à présent, il s’en est parfaitement sorti en travaillant indépendamment du gouvernement [allant jusqu’à donner des contrordres aux décisions prises par le gouvernement]. Ce n'est pas la coopération, mais la compétition qui s’est imposée comme le maître mot définissant ses relations avec le Premier ministre [Yingluck Shinawatra]. Sous Sukhumbhand, Bangkok est une île. La capitale a été détachée du reste du pays. Il semble acceptable que les autres provinces soient sous les eaux, mais Bangkok doit rester au sec. La ville doit être épargnée à tout prix.

Que nous enseigne l’attitude de Sukhumbhand, centrée sur la capitale ? Elle montre que Bangkok n’est pas la Thaïlande, et vice versa. C’est un Etat dans l’Etat. Cette façon de penser empêche le gouvernement de mettre en œuvre une solution globale face à ces inondations incontrôlables. Quant aux idées de Sukhumbhand pour maîtriser cette catastrophe, elles sont avant tout élitistes et impériales. Armé de son titre royal de Mom Rajawongse [indiquant qu’il est de descendance royale], un véritable anachronisme dans les autres sociétés civilisées, Sukhumbhand se pose en vieux guerrier luttant pour protéger la métropole. Sauf que cette fois-ci, il ne s’oppose pas aux Birmans ou aux Cambodgiens. L’eau est son ennemi. Métaphoriquement, sa mission de est de préserver "l’indépendance" de Bangkok.

Quelles sont ces conceptions élitistes ? Tout d’abord, Bangkok serait soi-disant la ville la plus importante du royaume : la fierté de la nation, le siège d’une monarchie ô combien vénérée et la source de la richesse économique. C’est là une vue incontestablement autoritaire qui confère trop de poids à la capitale tout en négligeant d’autres provinces jugées moins vitales. Certes, Bangkok contribue à près de 41 % du PIB national, et les analystes ont déjà averti que la croissance souffrirait d’autant plus que la capitale subirait de gros dégâts. N’oublions pas cependant que le centre du pays est sous les eaux depuis des mois. Et c’est dans cette région que sont implantées les grandes usines, dont les constructeurs automobiles Toyota et Honda, les fabricants d’électronique Canon, Apple, Sony et Toshiba, ainsi que Seagate Technology et Western Digital, qui produisent des disques durs.

Ensuite, il y a quelques mois, quand Bangkok était au sec alors que les zones rurales étaient déjà submergées, à aucun moment les Bangkokois n’ont exprimé leur inquiétude ou leur solidarité vis-à-vis de ces régions sinistrées. Cela ne semblait pas si grave si ces provinces souffraient, tant que Bangkok était saine et sauve. Ce sont désormais les habitants de la capitale qui se plaignent à grands cris. Les inondations les ont soudain rendus hystériques. Ils amassent de la nourriture, ce qui crée un climat de panique. Le comportement des Bangkokois est-il caractéristique de l’éternel système à deux vitesses qui domine la société thaïlandaise ? Les efforts colossaux déployés pour épargner la capitale sont, à n’en pas douter, le reflet du concept inébranlable de centralisation. Comme toujours, pouvoir et prospérité sont l’apanage de Bangkok. Pour de nombreux habitants de la capitale, il est tout à fait acceptable que d’autres provinces soient maintenues dans leur vulnérabilité et leur impuissance. Ce n’est pas plus gênant qu’elles soient pauvres et sous-développées. A partir de là, elles méritent de subir les inondations. Mais, peu à peu, l’eau s’infiltre dans la ville, comme un symbole du ressentiment croissant des autres provinces, désormais disposées à l’attaquer après tant d’années de mauvais traitement. Depuis bien trop longtemps, Bangkok est bien trop égoïste, et le gouverneur Sukhumbhand n’a réussi qu’à exacerber cette tendance parmi ses administrés.

http://www.courrierinternational.com/ar ... u-et-alors

Published by TITIUDON - - info thailandaise

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