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Le blog de TITIUDON

CRISE POLITIQUE THAILANDE – Economie: le téflon serait-il éternel?

Après trois mois de manifestations, les centres commerciaux de Bangkok tournent au ralenti, les touristes évitent la capitale, les investisseurs sont nerveux... Et les législatives de dimanche ont peu de chance de changer la donne. Certains experts craignent qu’à force d’essuyer des crises cycliques de plus en plus violentes, la Thaïlande Téflon ne finisse pas accrocher quelques difficultés économiques

Depuis le début des manifestations il y a 3 mois, la Thaïlande a perdu environ 200 à 500 millions de bahts (entre 5 et 12,5 millions d'euros) par jour dans le commerce, l'investissement et le tourisme, selon la Chambre de Commerce thaïlandaise.

L'agence de notation Moody's a abaissé ses prévisions de croissance pour 2013 à 3%, contre 3,7%, en raison de l'impact des manifestations sur le dernier trimestre, et les perspectives pour 2014 ne sont pas meilleures.

La Thaïlande a beau être surnommée "le pays Téflon" pour sa capacité à récupérer rapidement des difficultés économiques générées par ses crises politiques à répétition depuis 2006, les nouvelles turbulences qui durent depuis fin octobre soulèvent de sérieuses inquiétudes.

Une crise tous les 2-3 ans

Le royaume tire une grande partie de ses revenus du tourisme et de l'industrie automobile, avec de nombreux fabricants japonais notamment installés ici. Mais les entreprises et les visiteurs risquent de se lasser des cycles répétés de protestations de plus en plus violentes et de changement de régime dans le pays.

Depuis 2006, la Thaïlande connaît des crises politiques cycliques environs tous les deux à trois ans: en 2006 plusieurs mois de manifestations avaient débouché sur un coup d’Etat. En 2008, trois mois d’occupation du siège du gouvernement s’étaient soldés par le blocage des aéroports. En 2009, quelques jours de violences avaient rapidement été réprimés. La dernière crise, en 2010, avait duré plus de deux mois et s'était finie dans le sang avec un bilan final de plus de 90 morts et près de 2.000 blessés.

"Nous avons souffert tant de fois. Nous devons panser nos plaies et redorer à nouveau notre image. Que de temps gâché", se désespère Piyaman Tejapaibul, président du Conseil du Tourisme de Thaïlande (TCT), alors que les hôtels, les magasins, restaurants et même les vendeurs de rue se plaignent de la baisse de leurs revenus après des semaines de manifestations.

Les craintes suscitées à l'étranger par ces manifestations parfois violentes, qui ont déjà fait au moins dix morts, ont été renforcées par l'annonce la semaine dernière à Bangkok de l'état d'urgence de 60 jours en raison des violences qui ont fait au moins 10 personnes ont été tuées et des centaines  blessées.

"Cela fait peur. Psychologiquement, cela rend les gens inquiets et nerveux, y compris les étrangers, quant aux risques de nouveaux troubles", analyse Pornsil Patchrintanakul.

-- Moins de vols vers Bangkok
Cathay Pacific et Singapore Airlines avaient déjà annoncé il y a deux semaines la réduction de leurs correspondances vers Bangkok mais aujourd'hui d'autres compagnies suivent leur exemple.
Lion Air prévoit un vol au lieu de deux quotidiens entre Djakarta et Bangkok. Air China prévoit également une réduction de vols entre Beijing et Bangkok.
Certaines compagnies invoquent des taux de remplissage inférieurs à 50%.
Pour l'heure la tendance semble démontrer que les touristes internationaux continuent de venir en Thaïlande mais beaucoup d’entre eux ne font qu’une escale à Bangkok ou prennent des vols directs pour se diriger vers des destinations comme Phuket, Chiang Mai et Koh Samui. SilkAir, la filiale régionale de Singapore Airlines qui exploite des vols directs au départ de Singapour vers des destinations de villégiature thaïlandaises, continue ses services comme d'habitude avec d’assez bons remplissages.

Le tourisme de Bangkok particulièrement touché

Une quarantaine de pays ont déjà émis des avis de mise en garde pour leurs ressortissants, invitant les touristes à éviter les sites de manifestation et à prendre des précautions supplémentaires à Bangkok.

Le TCT estime que le secteur du tourisme a déjà perdu à lui seul 22,5 milliards de bahts (462,5 millions d'euros). C'est la capitale qui a le plus souffert de cette baisse avec près de 6% en moins d'arrivées à l’aéroport international Suvarnabhumi sur les trois premières semaines de janvier. Par ailleurs, depuis les manifestations de 2008 qui avaient bloqué plusieurs centaines de milliers de voyageurs pendant une semaine, plusieurs aéroports comme Phuket, Pattaya ou encore Chiang Mai ont multiplié les lignes internationales directes.

A Bangkok ces jours-ci, certains vendeurs de rue pouvaient tirer leur épingle du jeu, en vendant les panoplies du parfait manifestants: T-shirt "Bangkok Shutdown", sifflets et serre-têtes aux couleurs du drapeau national. ais les commerces de Bangkok, notamment ceux situés à proximité des intersections bloquées, ont souffert. "Il y a moins de touristes et d'employés qui consomment dans le quartier de Ratchaprasong", a dénoncé l'Association des commerçants du quartier, qui concentre hôtels et boutiques.

Néanmoins, la Thailande affiche une croissance du nombre de visiteurs en 2013 avec 26.735.583 arrivées, qui correspond au prévisionnel de la Tourism Authority of Thailand (TAT) et signifie une augmentation de près de 20% par rapport à 2012.

Peu d’espoir dans les élections

Après avoir envahi plusieurs ministères et autres bâtiments officiels fin 2013, les manifestants antigouvernementaux ont lancé le 13 janvier une opération destinée à "paralyser" la capitale thaïlandaise dans une ultime tentative pour déclencher la chute du gouvernement et obtenir l’éradication du clan Shinawatra. Ils n’ont finalement réussi qu’à bloquer certains carrefours majeurs, mais plusieurs attaques à l’arme à feu ou à la grenade ont eu lieu depuis, faisant parfois des morts.

Et alors que la Première ministre, Yingluck Shinawatra, a appelé à une élection le 2 février pour tenter d’apaiser les tensions politiques, le principal parti d'opposition, le Parti Démocrate boycotte le scrutin, tandis que les manifestants ont promis de bloquer ce vote après avoir déjà fortement perturbé les inscriptions des candidats fin décembre et le vote par anticipation dimanche dernier.

Les protestataires souhaitent que le scrutin soit reporté d'un an ou plus, et veulent que soit imposé un "conseil du peuple" non élu dans l’espoir d’annihiler l’emprise de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra sur le pouvoir.

"Ne pensez même pas à investir pour l'instant, tant que nous n'avons pas un nouveau gouvernement", a mis en garde le vice-Président de la Chambre de commerce thaïlandaise, Pornsil Patchrintanakul.

Néanmoins, les élections de dimanche ne résoudront pas si facilement les profondes fractures au sein de la société entre détracteurs et partisans de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, démis par un coup d'Etat en 2006.

Des Thaïlandais confiants dans les fondamentaux de leur économie

Sur le court terme, "la profonde division politique subsistera, laissant le pays à la merci de bouleversements politiques qui entraveront son potentiel de croissance", analyse Capital Economics, tablant sur une croissance de moins de 3% cette année.

Tenant compte du risque que pose la situation politique pour la croissance, la banque centrale de Thaïlande a laissé son taux d'intérêt inchangé à 2,25 %.

Ces huit années de troubles politiques, auxquels s’ajoutent les destructions causées par les inondations dévastatrices de 2011, ont soulevé des craintes des investisseurs à long terme tels que les constructeurs automobiles japonais qui pourraient rechercher d'autres alternatives.

Mais les entreprises thaïlandaises se veulent rassurantes, mettant en avant une économie aux fondations solides. Elles estiment que les exportations devraient résister à la crise, et soulignent le fait que les zones touchées par les manifestations restent très limitées.

"Où pourraient-ils trouver pareil qu'ici?", s’est exclamé Tanit Sorat, vice- président de la Fédération des industries de Thaïlande (FTI), confiant que les conditions d’ensemble qu’offre la Thaïlande sauront persuader les fabricants de ne pas aller voir ailleurs.

"Si vous voulez investir en Thaïlande, vous devez prendre en compte le risque politique", explique Tanit Sorat, vice-président de la Fédération des industries de Thaïlande.

Car les conflits politiques à répétition font "partie de la société thaïlandaise".

L.B. avec AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) vendredi 31 janvier 2014

Published by TITIUDON - - info thailandaise

commentaires

Chris 31/01/2014 09:54


La date fatidique : 2 février 2014 Et il y a aussi le problème du non paiement de la récolte du riz aux agriculteurs
thaïs déjà bien endettés...

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