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Le blog de TITIUDON

Je vous conseil ce magnifique article pris sur le Gavroche qui resume très réalistement la passion des thailandais pour le jeu et les dérives qui y sont liées...

Je ne connais que trop bien ce problême et tache de mettre en garde les nouveaux arrivants sur ce fleau .Il n'y a pas de petits et grands joueurs ici il n'y a que des gens prêt à tout perdre (surtout ce qui n'est pas à eux...) pour assouvir leur amour du jeu. La plus rien n'existe, ni enfants, ni famille ,ni dignité seulement ce putain de jeu et comment payer mes dettes.

A Udon il y a autant de casinos clandestins que de bordels c'est peu dire. Toutes les occasions sont bonnes ,lors des enterrements la première chose à faire est de monter un casino ,le mort on verra cela plus tard...et le tout sous le regard interéssé de la police qui ferme les yeux moyennant un petit tips...

 

Ce probleme brise des vies et des familles au même titre que la drogue.Soyez vigilant sinonc'est le début de la fin croyez moi...et n'oubliez pas que le mensonge est le sport national....

 

Thaïlande : Epidémie de fièvre joueuse

Avec plus de 200 milliards de bahts engagés chaque année en paris en tous genres, la population thaïlandaise bat des records de compulsion face aux jeux d’argent. Endettement, prostitution, blanchiment : autant de maux symptomatiques de l’interdiction en vigueur qui se paie au prix fort sur le plan humain, déstabilisant l’ensemble de l’organisation sociale du pays. Plongée dans un monde où le mistral perdant souffle sur les braises de la corruption policière et des systèmes mafieux.

15 juin 2010, la Coupe du Monde de football sud-africaine vient tout juste de débuter. Après seulement quatre jours de compétition, la Bangkok Metropolitan Police annonçe avoir déjà mis la main sur 247 parieurs illégaux et sept bookmakers. Somme confisquée : plus de 500 000 bahts. Ça commence fort. Tellement fort que la police craint le pire, consciente que ces premières arrestations ne représentent que la face immergée de l’iceberg. L’université de la Thai Chamber of Commerce estime d’ailleurs que le montant des paris devrait atteindre les 37 milliards de bahts, uniquement dédiés à cette grande messe du ballon rond. Une frénésie sans précédent semble donc s’abattre sur les Thaïlandais, malgré les nombreuses campagnes de dissuasion menées au sein des écoles et des communautés, en prévision du Mondial. Il faut dire que, dans le pays, faire de la prévention en la matière relève plus d’un duel opposant David à Goliath que du combat de boxe à poings égaux. Plus qu’un simple divertissement ou un vulgaire passe-temps, les jeux d’argent y font figure d’institution. Soixante-dix pour cent des adultes thaïlandais avouent d’ailleurs s’adonner régulièrement aux paris illégaux. Les habitants du pays ont pour coutume de miser quelques bahts sur tout et n’importe quoi. Chaque petit rien est prétexte à défier le hasard de la chance financière. Match de boxe, combats de coqs ou de poissons, jeux d’échecs, de dame, de go, parties de billards, compétitions de chants d’oiseaux, couleur de la prochaine pétrolette qui s’engagera dans le soï… Tout est motif à déclencher la mise, et pas seulement le ballon rond.

22 heures, quartier de Silom, dans le centre de Bangkok. Seulement trois mots échangés avec un serveur de bar et me voilà déjà accoudée à une table de poker dans le soï adjacent. Pattamat, le propriétaire des lieux, n’aime pas trop voir des étrangers franchir la porte de son établissement. Et puis, surtout, il n’en a pas vraiment besoin. L’homme semble faire suffisamment salle comble grâce à ses compatriotes. Il avoue même refuser du monde certains soirs de week-end. Pour ne pas être inquiété par les services de police, le tenancier fait appel à « un ami de longue date qui vient souvent boire un verre en fin de semaine ». Un ami qui, justement, fait partie de la grande maison. « Tout le monde est heureux comme ça », dit-il pour clore la discussion. Tout est dit. Et, après tout, qu’est-ce qu’une petite enveloppe par semaine comparée aux milliers de bahts brassés chaque soir en ces murs ? Peanuts. Car même si notre croupier en chef refuse d’évoquer le montant de ses gains, il est pourtant facile de deviner que sa petite entreprise ne connaît pas la crise. Elle semblerait même en profiter. En guise de fonds de commerce, principalement des habitués qui viennent ici tous les soirs. Une clientèle dont fait partie Fon, l’une des rares femmes que compte l’établissement ce jour-là. Elle avoue s’y rendre « régulièrement et y passer toute la nuit ». Cela lui est déjà arrivé de perdre beaucoup, s’endettant jusqu’au cou. Ici, les voitures changent de propriétaire comme l’on change de culotte, et les jeunes filles de bonne famille se transforment vite en dames de petite vertu pour honorer leurs dettes de jeu. Sur fond d’alcool de riz et d’énervements passagers, les heures passent mais ne se ressemblent apparemment pas. A la table jouxtant celle de Fon, un jeune homme s’acharne. Il a déjà perdu 3000 bahts mais mise une nouvelle fois en espérant se refaire. Millionnaire minute ou perdant d’un temps, bien rares sont ceux qui osent jouer la carte de la fuite en quittant la table. Si exigu soit-il, le petit établissement de Pattamat voit chaque soir des mois de salaires se jouer en ses murs. Des casinos comme le sien, il s’en monte et démonte chaque jour aux quatre coins du pays. Des lieux souvent bien plus volumineux et équipés, mais surtout nettement plus facilement repérables que la petite « case à bobby » de ce tenancier de Bangkok. En 2006, la police dénombrait plus de 300 établissements de ce genre dans la capitale, et environ une trentaine installés dans chacune des provinces que compte le pays. Et, même si aucune donnée plus récente n’est actuellement disponible, nul doute n’est possible sur l’ampleur croissante du phénomène.

11 juin, 11 juillet 2011. Cette fois-ci, Interpol ne plaisante plus. Finis les avertissements à l’encontre des contrevenants. L’organisation a décidé de frapper fort en perquisitionnant près de 800 tripots clandestins à Singapour, en Chine, en Malaisie, mais aussi en Thaïlande. Résultats ? Plus de cinq mille arrestations pour un total de 10 millions de dollars en espèces saisis. Pas moins de cinquante-six bookmakers et 1156 joueurs pris sur le fait en Thaïlande, pour un montant de 3,4 millions de bahts. Nom de code de l’opération : Soga III. Un gigantesque coup de filet réalisé par le bureau de liaison d’Interpol à Bangkok, en coopération avec la police locale. Pointés du doigt, les environs de Songkhla, Hat Yai, Kon Kaen, Chiang Rai et Ubon Ratchatani. Des zones qui, bizarrement, font régulièrement les gros titres pour la densité de leur trafic d’amphétaminiques. Mais aussi les quartiers de Klong Toey, Sukhumvit, Nonthaburi, et Wongwian Yai, au coeur de Bangkok. Sans parler des villes jouxtant la capitale, telles que Nakhon Pathom et Samut Sakon, également dans le collimateur. Des lieux où les établissements de jeux se font toujours plus nombreux, opérant au vu et au su de tous. Pourtant, Interpol n’en est pas à son coup d’essai. L’organisation internationale avait déjà, par le passé, mené deux raids similaires. Des signaux d’alerte qui n’ont apparemment eu aucun effet concret sur la réduction du nombre d’institutions clandestines, malgré les 26 millions de dollars saisis en seulement trois interventions. Alors, que faire ? Rien. En tous cas, pas dans un contexte où la légèreté des peines encourues pipe le jeu des organes de répression. « Outre le lien patent qu’il existe entre les bandes organisées et les paris illégaux, ces derniers sont également liés à la corruption, au blanchiment de fonds et à la prostitution », précisait Jean- Michel Louboutin, directeur des services de police d’Interpol, à la suite de l’opération.

Dérives sociales
Plus qu’un simple grain de sable dans les rouages économiques du pays, ce business souterrain draine aussi dans son sillage son lot de drames sociaux et humains. « Le jeu n’est qu’une fontaine de crimes », lance froidement Thawat Damsa-ard, avocat spécialisé dans les délits relatifs aux dettes de jeux. « Comme les jeux d’argent ne sont pas autorisés, le Code civil ne propose aucun recours en cas de dettes impayées », précise-t-il. Un vide juridique qui a pour conséquence d’encourager la criminalité en poussant les individus floués à faire justice eux mêmes. Au programme des réjouissances, petits meurtres entre tapis et œil de cocker after poker. «Welcome to Thailand ». Parmi les premiers touchés, les Thaïlandais d’origine modeste, en quête de jours financièrement meilleurs. Des individus majoritairement issus des régions pauvres du Nord et du Nord-est, où les salaires affichés comptent parmi les plus bas du pays. Mais pas seulement. Le fléau affecte désormais aussi les classes moyennes urbaines du pays. Habiter Bangkok coûte cher, et offrir une éducation digne de ce nom à ses enfants demande certains sacrifices. « Les facteurs favorisant l’endettement sont multiples. Parmi eux, la pauvreté, bien sûr, mais aussi le jeu et les difficultés d’accès au crédit. Des paramètres qui, bien souvent, sont à l’origine de comportements criminels ou de dérives vers la prostitution », explique Nicolas Lainez, anthropologue pour l’Institut de Recherche sur l’Asie du Sud-est Contemporaine (IRASEC).

10 heures, Sathorn Soï 15. C’est là que Tchoé, un chauffeur de mototaxi originaire de Korat, attend chaque jour le chaland. A cet angle, ils sont une dizaine, comme lui, à se partager les courses. Et, hors des heures de pointe, les clients ne se bousculent pas toujours au portillon. Son salaire ? Dix mille bahts par mois, parfois moins en période de vacances scolaires. Alors, dans l’espoir de pouvoir mettre un peu de beurre dans les épinards, Tchoé s’adonne aux paris footballistiques en ligne. Un vrai travail : cette activité lui prend toutes ses soirées. Sans parler de la perpétuelle pêche aux informations qu’il faut effectuer pour ne pas risquer de perdre trop gros. L’amateurisme ne pardonne pas. Ses heures creuses sont donc consacrées à éplucher les journaux sportifs et autres manuels pour initiés. Chaque mois, il mise 600 bahts sur Internet et en investit 2000 pour parier sur les matchs avec ses amis. Un « passe-temps » qui s’avère parfois lucratif, puisqu’il lui est arrivé de gagner jusqu’à 20 000 bahts. « Mais je perds plus souvent que je ne gagne, et pas qu’un peu ! », précise-t-il. Et puis, il y a les matchs de Muay Thai du dimanche, qu’il suit, comme plus de dix millions de téléspectateurs. Entre 400 et 600 bahts misés chaque week-end, posté devant sa télé. Alors, forcément, Tchoé ne roule pas sur l’or. Il n’est pas non plus le client rêvé pour son banquier. Ses banqueroutes à répétition et son statut de non-salarié ont fait de lui un interdit bancaire. N’ayant plus accès à l’emprunt « légal », il a donc dû faire appel aux services d’un prêteur « moins regardant et exigeant en regard de mes finances », confie-t-il. Cet homme lui a été présenté par des amis. Tchoé lui emprunte régulièrement 3000 bahts, au taux exorbitant de 20%, ce qu’il considère pourtant comme une aubaine, puisqu’il a déjà eu connaissance d’usuriers faisant grimper les intérêts jusqu’à 50% !

Endettement des ménages
Triste constat d’un régime où l’archaïsme du système bancaire et financier ne permet plus à sa population de se maintenir dans la légalité, ouvrant grand la porte à ceux que l’on a coutume d’appeler les loan sharks. Ces requins du prêt surfent sur la vague de l’endettement des ménages qui, bien souvent, résulte d’un sérieux penchant pour le jeu et de leur engouement pour la petite carte en plastique. Selon l’institut de statistique thaïlandais, 32% de la population utiliserait les services d’un prêteur sur gages. Rien qu’à Bangkok, 21% des foyers ayant un revenu mensuel de moins de 15 000 bahts doivent toujours actuellement de l’argent à l’un de ces escrocs déguisés en bons samaritains. Les sommes empruntées sont souvent peu conséquentes, mais les 2000 ou 3000 bahts engagés à l’origine voient souvent leur chiffre passer du simple au triple pour défaut de paiement. Tchoé reçoit chaque jour la visite de son prêteur sur son lieu de travail. « Je lui remets 100 bahts avant qu’il s’en aille. Je ne sais ni où il habite, ni d’où il vient, c’est mieux comme ça », raconte-t-il. Même topo pour Kat, la petite vendeuse de fleurs du stand d’à côté, qui, elle aussi, s’est laissé séduire par la formule, sur les conseils de Tchoé. Pour eux, aucun problème. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais si l’endetté n’honore pas sa dette, le gentil requin peut vite se transformer en requin tueur. Intimidation familiale, humiliation sur le lieu de travail ou confiscation de biens personnels : un monde sans pitié où, là encore, les réseaux mafieux fonctionnent à plein régime. « J’ai déjà entendu des histoires de bras coupés pour non paiement, et parfois bien pire », raconte Tchoé. Des méthodes qui font froid dans le dos mais contre lesquelles le gouvernement semble bien impuissant.

Guérir plutôt que prévenir
Pour lutter contre les loan sharks, le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a annoncé, en août dernier, le lancement d’un nouveau programme d’aide aux familles. Il s’agit de leur permettre d’emprunter dans les banques du pays au taux de 1%. La condition sine qua non pour en bénéficier est d’avoir une dette n’excédant pas les 200 000 bahts. Pour cela, le gouvernement a déjà débloqué vingt milliards de bahts pour encourager les banques à s’inscrire au programme. Mais, malgré cet effort, bien peu sont ceux qui croient en l’efficacité et à la pérennité du plan d’aide. « Comment le gouvernement peut-il s’assurer que les foyers bénéficiant de ces prêts à taux réduit ne retourneront pas faire appel aux loan sharks ? C’est un cercle vicieux ! », s’insurge Wilaiwan Sae Tia, le chef de file du Thai Labour Solidarity Committee. « Je pense que le problème n’est pas traité à sa racine », s’indigne Samphan Techaathik, politologue de l’université de Khon Kaen, une ville où les casinos illégaux poussent comme des champignons.

Légaliser ?
Pour traiter le problème à sa source, encore faudrait-il que le gouvernement souhaite engager des débats de fond. Le premier à mettre sur la table, et non des moindres, serait bien sûr celui de la légalisation des établissements de jeux. Briser l’opacité de ces lieux aujourd’hui hors de contrôle en leur donnant un cadre légal ? Oui, mais... Légal ou illégal, cela suffirait-il à récurer les casseroles sociales accumulées par le vice du jeu ? « Non. Selon moi, légal ou illégal, le jeu engendre les mêmes maux, les même douleurs »,
souligne l’anthropologue Nicolas Lainez. « L’impact économique et humaine du gambling est inéluctable », surenchérit Pasuk Phongpaichit, chercheur à l’université Chulalongkorn et auteur du livre The Gambling Industry. Après avoir étudié la façon dont étaient gérés les casinos dans différents pays du monde autorisant ce genre d’activités, elle reste persuadée qu’aucun des modèles de légalisation observés ne serait applicable à l’identique en Thaïlande. « La multitude des formes et des modes de paris pratiqués ici ne les rendent pas compatibles avec un cadre légal, fait-elle remarquer. Il faudrait faire du cas par cas pour chaque jeu, ce qui est complètement utopique. Tout légaliser n’est pas envisageable, il faudrait faire des choix, mais lesquels ? » Même les Anglais, très gloutons de mises en tout genre, ne font pas le poids face à l’imagination thaïlandaise. En tout cas selon ses dires. « Même s’ils favorisent le jeu compulsif, les casinos légaux sont des lieux sous surveillance. C’est mieux que rien, même si tout n’est jamais parfait. J’admets que l’interdiction thaïlandaise a pour bénéfice de rendre certain jeux moins accessibles. Mais bon nombre d’études ont déjà démontré que la légalisation attirait vers le jeu des gens qui n’avaient jamais eu l’idée de miser auparavant », note Pasuk. A Melbourne, par exemple, le taux d’épargne des ménages à chuté de 10 à 3% après la légalisation des casinos. Des propos contestés par Andy Nazarechuk, professeur à l’université du Nevada. Selon lui, « si un individu présente un problème de jeu, c’est qu’il en a déjà un, et non qu’il a été développé par la légalisation. Elle permet même bien souvent de mieux détecter et encadrer les individus à risques ». Une idée également défendue par le gouvernement singapourien qui prétend mieux gérer les dérives de ses habitants depuis qu’il a fait le choix de légaliser (voir ci-contre). Mais, dans la réalité, l’expérience dans bon nombre de pays a déjà montré ses limites. « Notamment chez les jeunes, pour lesquels on observe souvent des comportements de jeux totalement démesurés, quasi passionnels », précise Pasuk.

Difficulté de contrôle
Outre l’encouragement des comportements compulsifs, les débats sur la légalisation soulèvent aussi la douloureuse question des contrôles. Si l’Angleterre, les Etats- Unis ou l’Australie ont réussi à maîtriser leurs établissements de jeux, c’est parce qu’ils se sont dotés d’outils très stricts pour en contrôler les finances : omniprésence policière, caméras de surveillance, audits réguliers, rigidité des conditions d’obtention des licences, contrôle du débit d’alcool… Toute une batterie de précautions limitant les dérives financières et le blanchiment d’argent. « Mais ce sont des pays où la corruption policière est quasi inexistante, ce qui est loin d’être le cas en Thaïlande », constate Pasuk. Le ministère des Finances a déjà beaucoup de mal à contrôler correctement la vente des billets de loterie nationale, pourtant légale. Alors comment saurait-il s’arranger des multiples contraintes de gestion supplémentaire engendrées par l’instauration de casinos ? Le pari n’est certes pas impossible. Mais la plus grande des vigilances serait de mise. Et il n’est pas sûr que le pays soit aujourd’hui assez mûr pour s’imposer une telle rigueur. Complètement hors de propos il y encore quelques années, l’idée d’inscrire les lieux de paris dans un cadre légal fait désormais son chemin. Face au développement du tourisme relatif aux jeux d’argents en Asie, les gouvernements revoient désormais leur copie. Selon une estimation des professionnels du secteur, 24 milliards de dollars seront dépensés en paris en tous genres dans les pays de l’Asean en 2010. Soit 10 milliards de plus qu’en 2004. Une masse financière qui, forcément, ne laisse personne indifférent. Un argument de poids repris en chœur par les industriels du jeu, fervents défenseurs de la généralisation des démarches de légalisation. Car, ils l’ont bien compris, c’est là que réside le talon d’Achille des autorités encore réfractaires. En brandissant fièrement le succès des casinos de Macao ou des Philippines, les industriels espèrent ainsi se voir offrir de nouvelles zones d’investissements. Légaliser pourrait permettre au gouvernement thaïlandais de générer un cinquième de ses revenus actuels en taxes, et rééquilibrer ainsi son économie. Sans parler du potentiel touristique de l’opération. Un petit service en plus offert aux visiteurs étrangers qui pourrait rapporter gros aux hôtels, restaurants et prestataires touristiques du pays. Difficile alors de ne pas céder aux sirènes d’une telle aubaine. Surtout en temps de disette économique et de conflits identitaires.

Jeux sans frontières
Difficile également de croire que la Thaïlande résistera longtemps à la permissivité en place chez ses voisins. « Car, soyons francs, une certaine forme de légalisation est déjà pratiquée dans les zones frontalières », souligne Pasuk Phongpaichit. C’est par exemple le cas du casino de Victoria Point en Birmanie, facilement accessible par bateau depuis Ranong. Ou encore celui des établissements situés à Koh Kong et Phraphong, à deux pas de la frontière cambodgienne. Sans parler des nombreux casinos bordant les check points du Triangle d’Or. Si le gouvernement ne peut pas empêcher ses ressortissants de s’y rendre, alors pourquoi ne pas leur offrir des espaces à domicile dont il pourrait tirer bénéfices ? S’ajoute à cela les nombreux sites de jeux en ligne. Un espace de paris sans frontières qui fait d’Internet le pire cauchemar de la police thaïlandaise. Car, en la matière, la loi du pays présente un sérieux vide juridique. Une carence qui fait évidemment les choux gras des entrepreneurs du jeu. Même si le gouvernement fait régulièrement interdire certains sites, il semble bien impuissant face à l’armée de possibilités offertes aux joueurs. Et, bien souvent, il faut attendre qu’un drame se produise pour que les autorités daignent prendre le risque de supprimer l’accès à certains portails de jeu. En mai dernier, la mort d’un enfant de 12 ans avait conduit le gouvernement à retirer 72 sites du paysage cybernétique thaïlandais. Le jeune garçon s’était jeté du sixième étage après s’être vu interdire par son père l’accès à Internet. Un fait divers qui avait suscité tant d’émoi au sein de la population que les responsables politiques n’avaient eu d’autre choix que de frapper fort. Mais, hors contexte exceptionnel, les conséquences du mal sont souvent tues pour ne pas avoir à en évoquer les causes profondes.

Du rêve à la réalité...
Souhaiter légaliser est une chose, y parvenir en est une autre. « Je crois qu'il serait très difficile de légaliser le jeu au sein de la société thaïlandaise, insiste l’avocat Thawat Damsa-ard. L’engouement populaire serait trop difficile à gérer. » Et si le pays salive devant les gains amassés par ses voisins légalistes, pas sûr que ces derniers soient prêt à lui céder une part du si précieux gâteau. D’ailleurs, depuis 2004, l’opérateur de jeu Genting Berhad, majoritaire en Malaisie, n’a cessé d’investir en prévision d’une hypothétique concurrence thaïlandaise. Si le Cambodge, le Laos ou la Birmanie ne font pas vraiment figure de danger potentiel, la Thaïlande, elle, a plus d’un atout dans son jeu. Relativement stable politiquement et organisé en terme de structures d’accueil, le pays pourrait bien, s’il changeait ses lois, se révéler comme un concurrent de poids. Déjà mise à mal suite à la révision de la loi singapourienne en 2005, l’industrie malaise ne souhaite pas une nouvelle fois voir son capital amputé. L’île de Singapour, quant à elle, mise tout sur le développement de ses prestations de services pour s’attirer les faveurs des joueurs du monde entier. Fréquence du trafic aérien, complexes de divertissements, logements haut-de-gamme, parcs d’attractions, boutiques, océanorium, Studio Universal…, tout est bon pour faire de ce petit caillou un lieu de jeu « prêt à consommer ». Le but est clair : s’attirer les faveurs de la masse chinoise en concurrençant Macao. Après avoir ouvert un premier complexe gigantesque en février 2009 pour la somme de 4,5 milliards de dollars, un second établissement du même type a été inauguré en avril dernier (voir encadré). Véritables Disneyland pour amateurs de machines à sous, ces deux casinos flambant neufs sont censés répondre aux attentes du très dépensier chaland chinois. Une clientèle qui, selon les dires de la société Las Vegas Casinos, serait capable de miser plus de 3 000 dollars par jour. C’est dire si l’enjeu en vaut la chandelle. « Aujourd’hui, la Chine s’ouvre. De plus en plus de gens ont la possibilité de voyager librement. Je suis convaincu que les Chinois représentent l’avenir du jeu en Asie. Leur potentiel numérique ne peut pas être ignoré, et chacun de nous doit travailler en ce sens », déclarait récemment le Dr Ambrose So, gestionnaire d’établissements à Macao pour le compte de la société SJM. Et il est loin d’être le seul à souhaiter courtiser cette précieuse clientèle. D’autres géants de l’industrie du jeu, comme le groupe américain Mirage and Caesar’s Entertainment (MGM), et le très influent Casinos Austria International (CAI), se sont déjà positionnés pour investir en cette direction.

Politique de l’autruche ?
Face à l’effervescence générale, il se pourrait bien que les décideurs thaïlandais cessent de brandir les valeurs religieuses pour éviter de débattre sur un possible aménagement des lois. Car, outre le fait qu’aucun texte bouddhiste ne mentionne la moindre restriction sur le fait de jouer, le contexte économique, lui, ne pardonnera aucune faute de parcours. Un manque de marge à l’erreur que la Malaisie a déjà bien intégré, puisqu’elle est parvenue à mettre de l’eau dans son Islam en implantant des casinos sur ses terres. Un modèle d’autorisation dont souhaitait d’ailleurs s’inspirer Samak Sundaravej, l’ancien Premier ministre thaïlandais décédé fin 2009. Le politicien, en son temps, avait émis l’idée de voir cinq casinos pousser sur les lieux touristiques de Phuket, Pattaya, Khon Kaen, Hat Yai et Chiang Mai, avant 2010. Ajoutant cependant que, si les touristes y seraient autorisés à tenter leur chance gratuitement, les Thaïlandais, eux, auraient à s’acquitter d’un droit d’entrée de 100 000 bahts, entièrement reversé à des œuvres de charité. « Les Thaïlandais qui veulent jouer pourront jouer et la police pourra se consacrer à d’autres tâches qu’aux tripots clandestins », avait-il défendu. Désormais, le silence est d’or au sein de l’actuel gouvernement. Une indifférence dont ne semblent pourtant pas faire preuve les premiers intéressés. Selon l’économiste Pasuk Phongpaichit, 55 à 60 % des Thaïlandais souhaitent voir leur pays enfin légaliser les jeux d’argent. « Un désir profond que les décideurs ne pourront plus très longtemps ignorer », conclut Pasuk Phongpaichit, fataliste.

O.C.

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commentaires

john 18/01/2011 13:57



j'ai fais a mes depends l'experiance du jeux avec mon ex girlfriend :les cartes,football,lotterie et plus..


elle a joue et perdu au moins 200.000 bt.


cela dit elle a tout perdu de sa belle vie car j'ai mis une fin a notre relation, elle est retourne d'ou elle vient c'est a dire rien, en attendant de trouver une autre victime.


je ne pense pas etre le seul a qui cela est arrive,un bon conseil: controlez les depenses de votre copine...


salut a tous



TITIUDON 21/01/2011 06:37



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